L’affaire DSK est-elle en train de faire perdre le PS?
Dans le flot continuel d’analyses des commentateurs de ce “dimanche noir” pour le PS, il y en a une, formulée par Maurice Szafran, directeur de Marianne, sur Itélé qui n’a pas retenue l’attention. Et pourtant…
«Sang-froid et dignité». Telle est la consigne de Nicolas Sarkozy à propos de la, désormais, célèbre et sordide “affaire DSK”. Sage décision. Car le scandale bouleverse immanquablement la donne politique et a pour première conséquence vérifiable de «recentrer” la personnalité de Nicolas Sarkozy.
Lui, le président des riches, du fouquet’s, du bling-bling, du bouclier fiscal, de la photo à Euro Disney; sans oublier les «casse-toi pov’con» et autres florilèges, responsables de sa chute dans le gouffre sondagier dont il connaît les moindres recoins. Lui, Nicolas Sarkozy, n’est plus le “pire”. Il est…normal.
«C’est honteux, ça n’a rien à voir avec la justice»
«L’ingratitude est un gain de temps». Fréderic Dard aurait dû faire de la politique ou, tout du moins, l’enseigner aux socialistes. Car, autant on peut comprendre l’émotion de Moscovici ou de Manuel Valls, autant la sortie de Jack Lang et son: «il n’y a pas mort d’hommes», censé fustiger la justice américaine, salira longtemps la morale socialiste. Encore que, s’il avait été le seul, peut être le flot médiatique aurait-il emporté cette saillie hasardeuse comme la mer charrie le sac plastique. Mais Robert Badinter renchérit: «c’est honteux, ça n’a rien à voir avec la justice». Un réflexe de classe ou «dérapage» pour beaucoup de français qui ne voient pas la justice américaine de cette manière. Déjà aujourd’hui, alors dans six mois? À l’heure d’Internet qui garde tout et n’oublie rien, les socialistes sont en bien en train de perdre «la bataille de la morale».
Sarkozy normalisé?
70% des socialistes ont beau être atteint de complotîte aiguë, la machine judiciaire pilonnera les fantasmes. Le fumeux évoluera en fait avant de ne revenir à son évidence première: une folie. Chaque jour perdu à «dénoncer la mise à mort médiatique», du camarade tombé sous le drapeau de la présomption d’innocence, renforcera Nicolas Sarkozy qui veut plus que tout, susciter moins d’attention parasite.
Et c’est déjà le cas. La preuve, avec l’officialisation, non maîtrisé, de la grossesse de Carla Bruni à 43 ans. Alors que l’Elysée craignait terriblement le torrent de commentaire bas de plafond, aucune vague ne s’est formé, pas même un clapotis, rien… L’après-DSK? Il a déjà commencé.
